Marie Mathias Marie Mathias

 

  • Vendredi, 27 Mai 2016

    Projet 2016-2017

    "Question d’humanité :
    racisme, antisémitisme, exclusion.
    La concorde et la paix, maintenant."

    Pour consulter un site : surligner le lien puis cliquer droit "ouvrir le lien".

    Lycée Pablo Neruda http://www.ac-grenoble.fr/lycee/pabloneruda.smh/ Rubrique : Vie lycéenne "Humains sur la même planète" (Page en cours de construction. Pour consulter ce site, surligner le lien puis cliquer droit "ouvrir le lien".)

    Maison d’Izieu http://www.memorializieu.eu/souscription/?page_id=2&article66

    La Plateforme du Quai de la Borde http://la-plateforme.co/

    Mme Waysbord, auteur du livre "L’amour sans visage"
    http://www.mollat.com/livres/waysbord-helene-alex-porte-drapeau-9782267026481.html
    et du livre "Alex ou le porte-drapeau"
    http://www.christianbourgois-editeur.com/fiche-livre.php?Id=1503 http://www.mollat.com/livres/waysbord-helene-alex-porte-drapeau-9782267026481.html#fragment-video

    Nous sommes dans un monde que nous jugeons violent, à tort ou à raison. L’est-il plus qu’autrefois ? Peut-être, peut-être pas. Nous ne discuterons pas de ce point ici. Nous constatons seulement que les événements actuels inquiètent les jeunes qui désirent en discuter, réfléchir et produire des œuvres qu’ils pourront offrir de diverses manières à des publics différents.
    Notre ambition est la suivante : dans le cadre du programme de philosophie de Terminale L et des activités de notre groupe "Humains sur la même planète" qui a déjà mis en place d’autres travaux, permettre à des élèves du lycée Pablo Neruda de Saint-Martin-d’Hères (38 Isère) et des jeunes dits "décrocheurs" de la Plateforme du Quai de la Borde (91, Ris-Orangis, Essonne) de travailler ensemble, selon diverses modalités, le thème choisi :
    "Question d’humanité :
    racisme, antisémitisme, exclusion.
    La concorde et la paix, maintenant."

    en collaboration avec Marie Mathias, artiste grenobloise, la Maison d’Izieu (01, Ain), Madame Waysbord auteure de "L’amour sans visage" et "Alex ou le porte-drapeau", Monsieur Tal Bruttmann et la Librairie Le Square à Grenoble.

    Il s’agit d’une question d’humanité en ce sens que nous avons tous toujours à choisir, pour chacun de nos actes importants – or nombreux sont importants, y compris dans la vie quotidienne – quel humain nous voulons être : un humain qui opte pour la recherche de relations paisibles, y compris dans les conflits démocratiques et respectueux – car l’absence de conflits n’est pas la paix mais le désert – ou bien un humain qui jouit de la discorde en fomentant des relations destructrices, y compris pour lui-même. Nous sommes tous toujours face à ce choix éthique et politique que nous allons réfléchir en traitant du racisme d’un point de vue scientifique, historique, littéraire, philosophique et artistique. Il en sera de même pour la notion d’antisémitisme. Ce travail nous conduira à traiter de la logique et du processus d’exclusion.

    Notre point de départ relève du négatif : la haine, la violence, l’exclusion (racisme, antisémitisme) pour tendre vers le dépassement de ces affects et processus destructeurs et réfléchir sur la concorde et la paix, la joie d’exister en ce monde où un optimisme raisonnable est possible pour les jeunes d’aujourd’hui avec les plus âgés.

    Des personnes très différentes vont travailler et produire des œuvres qui seront ensuite exposées en divers lieux.

    Allez visiter le site de Marie Mathias

  • "Ne pas oublier" à la Maison d'Izieu

    Lundi, 13 Juillet 2015

    Marie Mathias travaille depuis longtemps avec le Lycée Pablo Neruda de Saint-Martin-d'Hères.

    En 2010, Madame Bellino, proviseur du lycée Pablo Neruda, organise l’acquisition d’une sculpture de Marie Mathias, "L’Unité", avec le soutien d’une fédération de parents d’élèves qui participe à l’achat.

    L'œuvre est placée dans le hall d’entrée afin d’accueillir les visiteurs de cet établissement qui, après restructuration, réunit des classes générales, technologiques et professionnelles.

    Dans la nuit du 31 décembre 2010 une intrusion avec vandalisme se déroule dans ce hall.

    Le lundi 3 janvier 2011 le saccage est découvert : la tête de la sculpture, en terre chamottée, est fracassée, les débris sont répandus sur le sol. Aucun autre dégât n'a été constaté. Pourquoi cette destruction ? Il n'y a pas de réponse.

    Marie Mathias et le lycée Pablo Neruda ont décidé de ne pas renoncer. De cet acte négateur il fallait en faire quelque chose signifiant le refus de céder. L'artiste a donc restauré la tête de "L'Unité" qui cette fois a été réalisée en bronze et placée dans la salle de conférence Henri Fabre.
    Pendant ce temps, Marie Mathias et Dominique Perroud (professeure de philosophie) ont discuté autour de la thématique de la destruction/reconstruction et ont élaboré un projet qu'elles souhaitaient mettre en place en lien avec la Maison d'Izieu.

    Ce projet a pu être mis en acte grâce à de bonnes rencontres.
    Durant les années 2011 à 2013 deux classes de TL et une classe de TEDPI ont traité les thèmes de crimes contre l'humanité et de génocides, en lien avec le service pédagogique de la Maison d'Izieu (Mme Blaszyk, M. Quintin), avec Mme Erramuzpé (directrice) et Mme Waysbord (présidente) dont le livre « L'amour sans visage » a été étudié. Tout ce travail a été effectué dans le cadre du programme de philosophie de terminale. Un livret, des gazettes ont été élaborés grâce à l'aide de nombreuses personnes, des conférences ont eu lieu et Marie Mathias a exposé "Silence" au lycée la première année et à la Maison d'Izieu la seconde.

    Marie Mathias a été très touchée par ce compagnonnage avec les élèves, par l'accueil qui a été fait à son œuvre. Son attachement à la Maison d'Izieu, ce beau lieu de mémoire où la vie demeure, s'est amplifié.

    L’idée d'une sculpture s'est imposée pour exprimer cette résolution ferme : il ne faut pas oublier, on ne doit pas oublier ; et de la connaissance de l'atrocité il faut en extraire la force de faire quelque chose de beau et bon…

    Marie Mathias offre cette œuvre au regard de ceux qui souhaitent partager son vœu : ″Ne pas oublier″.

    Ne pas oublier les enfants qui ont été arrachés un matin à ce havre de paix si beau et si précaire qu’a été pour eux la colonie d’Izieu. Ne pas oublier leurs rires, leurs jeux et leurs dessins d’enfants, ne pas oublier leur détresse et leurs pleurs, ne pas oublier qu’ils ont vécu ici, couru dans cette belle campagne, écrit à leurs parents, attendu…

    Ce lieu, la Maison d’Izieu, par sa beauté et l’événement qui s’est abattu le 6 avril 1944, est à la fois celui de la mémoire tourmentée et de l’hymne à l’enfance, à la vie.

    Cette sculpture évoque la mort et la vie mêlées. Des enfants et des adultes hier et aujourd'hui se meurent parce que la violence, pétrie de hargne et de sadisme, d'appétit de domination et de jubilation à humilier l'autre et le voir souffrir, se déploie dans notre histoire humaine pour des motifs intimes, économiques et politiques. Ne pas oublier cette férocité en chacun de nous. Ne pas oublier de lutter contre. Ne pas oublier les victimes. Ne pas oublier le précieux et la beauté de la vie, le vif de l'exister. Ne pas oublier que la vie - notre existence à chacun - est pareille à un arbre qui porte ses fruits vers la lumière. Ne pas oublier que chaque génération transmet à la suivante un monde. Ne pas oublier tous ces visages d'humains que d'aucuns souhaitent anéantir. Ne pas oublier que nous sommes ensemble. Ne pas oublier d'inscrire sur cette terre, chacun à sa façon, le meilleur de soi. Pour vivre bien, le mieux possible, ensemble.

    Voici le lien vers le post Facebook réalisé suite à l'installation de la sculpture :
    https://www.facebook.com/pages/Maison-dIzieu-m%C3%A9morial-des-enfants-juifs-extermin%C3%A9s/224980240872359?ref=hl

    http://bugeysud-tourisme.fr/noesit/!/fiche/journees-europeennes-du-patrimoine-presentation-thematique-du-memorial-des-enfants-dizieu-687181

    Allez visiter le site de http://www.memorializieu.eu/spip.php?article212&lang=fr

  • "La Vie" au Musée de l'Ancien Evêché

    Mardi, 23 Juin 2015

    Vivre. Exister. Contempler ce que nous appelons ″La vie″, sans savoir ce que nous désignons par là.
    J’observe avec comme de l’admiration la résistance du végétal contre la rocaille, la sécheresse ou le froid. Cette petite pousse d’herbe saisissant l’opportunité d’une brèche dans un mur pour aller au soleil, je l’imagine, fragile et cependant tenace. De même que je vois avec émerveillement le vol des oiseaux d’ici et d’ailleurs, les remous de l’océan aux multiples espèces, connues ou inconnues de nous, les petites bêtes de la forêt, en humant les senteurs d’été ou d’automne, d’hiver ou de printemps.
    Ecouter l’eau s’écouler, voir les couleurs florales, sentir la terre, regarder le ciel, observer des fourmis affairées, deviner la présence de plus grosses bêtes par leurs traces laissées et savourer la jubilation bruyante d’enfants courant en ces lieux de bonheur.

    La vie, c’est la joie. La vie c’est aussi la mort, la résistance à la mort.

    Ma sculpture est un hymne à la vie – sans ignorer ce qui la saccage, bien au contraire – un hommage à la beauté du monde, une célébration de l’enfance – qui n’est pas toujours heureuse – mais qui sait être joyeuse dans cette façon de rire, de sautiller, de parler sans grande retenue…
    Qui n’a pas été ému par le regard confiant d’un enfant, bouleversé par sa course jusque dans les bras de l’adulte accueillant, désespéré par ses pleurs ? Ma sculpture est un hymne à l’enfance, cette belle naïveté.

    Chacun de nous peut être sensible à la vie, à la nature, à l’enfance et à la joie, à la souffrance de l’autre. Chacun d’entre nous peut être bienveillant.

    Et que l’on ait la foi ou non, que l’on soit déiste ou religieux, chacun de nous peut, en regardant en arrière, dans cet étrange et si lointain passé, être émerveillé par le déploiement de la vie dans le minéral. Cet ″Il y a″ nous faisant tant parler et qu’évoque ma sculpture qui est une célébration des formes, des variations et des couleurs de l’univers : les galaxies, notre galaxie, notre terre, son soleil et sa lune, tous ses habitants… La vie.



    Marie Mathias



    Allez visiter le site de http://www.ancien-eveche-isere.fr/

  • 2014-2015 Lycée Pablo Neruda et Musée de l'Ancien Evêché

    Mardi, 23 Juin 2015

    Marie Mathias, en lien avec le lycée Pablo Neruda et le Musée de l'Ancien Evêché, a participé à un projet pédagogique avec des élèves de Terminale L. Le travail consistait à réfléchir et à produire des oeuvres en fonction du programme de philosophie (religion, art, histoire, interprétation, vérité) et du thème suivant : "La notion d'interprétation dans le champ du religieux". Les élèves, accompagnés de nombreux intervenants, dont Marie Mathias, se sont répartis en trois groupes traitant des écrits religieux, de ce que l'on appelle communément "Les Vanités" et d'un hymne à la vie. Chaque groupe a produit des écrits et deux groupes ont effectué des créations dont une est exposée au Musée de l'Ancien Evêché.
    Le groupe 1 traitant des écrits religieux et de la question de l'interprétation a présenté son travail au centre de documentation et d'information du lycée.
    Le groupe 2 traitant des Vanités a présenté son travail dans le hall de la mairie de Saint-Martin-d'Hères.
    Le groupe 3 présente sa production, en compagnie de la sculpture de Marie Mathias intitulée "La Vie", ainsi que les écrits des autres groupes au Musée de l'Ancien Evêché jusqu'au 20 septembre.

    http://www.petit-bulletin.fr/grenoble/expositions-agenda-190504-La+notion+d+interpretation+dans+le+champ+du+religieux.html

    Ci-dessous, le texte de Marie Mathias accompagnant sa sculpture "La Vie".


    Allez visiter le site de http://www.ac-grenoble.fr/lycee/pabloneruda.smh/index.php/60-paradis-bonheur-joie-de-vivre

  • La question du sens

    Dimanche, 26 Octobre 2014

    J’ai la chance de pouvoir créer des sculptures, des dessins, des peintures. Ces œuvres expriment, pour moi, la question du sens de notre existence d’humains, sens toujours à construire, chacun à sa façon, dans la rencontre difficile et fructueuse avec l’altérité.
    Ce sens n’est pas manifeste, il a quelque chose de secret. D’intime presque. Il est invisible, indicible peut-être.
    Ce qui m’importe, dans la matérialité de mes sculptures et dessins, c’est de rendre visible, autant qu’il est possible, l’invisible, de faire apparaître ce qui peut demeurer dans un état de latence.
    La question du sens de notre manière humaine d’être au monde ; la question du sens de notre mise au monde par les autres, leurs paroles, leur soutien ; la question du sens de notre violence et des forces rageuses qui peuvent nous animer ; la question du sens de nos plus beaux affects : l’amour, la gratitude se disent en cette terre que je travaille.

    Site de Marie Mathias

  • La terre, les mains, les formes...

    Dimanche, 25 Août 2013


    Marie Mathias travaille la terre depuis longtemps.
    Et, depuis ses débuts, ses sculptures parlent de ces étranges êtres que nous sommes, nous, les humains.
    Dans l'universel des lignes et la singularité du visage, l'artiste trace courbes et creux, là où la peau est frisson d'être, à l'appel de la vie, de l'amour, de la mort.

    En donnant forme à l'informe, Marie Mathias offre contours au vide, structure à l'éparpillement et sérénité aux tourments de nos vies. L'œuvre de cette artiste traite tout autant de nos joies et chagrins intimes, inscrits dans nos corps, fragiles et tenaces, que des événements de notre histoire commune, travaillée par nos forces destructrices qui nous font si peur.

    En rencontrant ses personnages de terre peuplant son monde, qui est aussi le nôtre, nous pouvons nous laisser habiter par le souci du sens de ses terres silencieuses et cependant loquaces, qui parlent de nous. Marie Mathias pointe, par l'intelligence de ses mains qui font parler la terre, l'insuffisance de nos mots, incapables de tout dire. Mais, grâce à la présence de ses sculptures, nous reprenons la parole, poursuivons notre chemin, en compagnie des œuvres consolatrices de Marie.

    Il est des choses que peut-être seul l'art peut nous montrer, dans le silence des mots lus, d'une musique écoutée, une sculpture contemplée. Et ce silence-là n'est pas celui de la déréliction mais de la méditation nous aidant à vivre et agir mieux. L'art nous sauve peut-être de ce que nous ne pourrions dire autrement et qui finirait par nous dévorer.


    Site de Marie Mathias

  • L'acte créateur

    Vendredi, 20 Avril 2012


    L’acte créateur


    Comment le définir ?

    Plus je travaille, plus je mesure combien c’est difficile à expliquer, car il n'est pas aisé de mettre des mots sur cet acte. Il s'agit comme d'un mystère.
    Un désir, une émotion s’imposent… Puis se dessine une idée liée à un mot qui se précisera au cours de ma démarche et deviendra le titre de la sculpture.

    La représentation que je veux transmettre à la terre deviendra une forme. J’imagine alors mes mains à l'œuvre. C’est un va-et-vient entre elles et ma pensée. Mes mains pétrissent, étirent la matière. Et j’ai toujours en tête ce que je veux ressentir à l’issue de ce travail. Il me faut, pour cela, trouver le moyen d’informer la matière de ma vision, c’est-à-dire l’idée qu'elle va incarner, l’émotion que je veux retrouver dans la sculpture.
    Tout cela se fait avec le temps, car la concentration exige de l'exercice. Elle se travaille, demande à faire place nette dans la tête afin de ne pas être encombrée par le quotidien, pour tendre vers les formes.
    Il faut apprendre à contrôler la ligne, la nuance dans les formes. Il s'agit comme d'un dialogue entre la terre et moi, comme d'une danse durant laquelle chacun des partenaires doit veiller aux mouvements de l'autre. Arrivée à un certain point, j’oublie mes mains, cela devient mental car j’entre dans une sorte de transe du fait de ma concentration sur l’objet à venir. J’imagine à quoi va ressembler la sculpture. Plus mon esprit est absorbé par la forme, plus mes mains sont fidèles à ce que je veux dire. C’est magique.
    Et quand la ligne sort de la terre, il y a cette joie de l’œil pris dans l'envoûtement de la forme. Le processus de création se manifeste dans l’interaction entre la main et la matière. J’ai l’impression, quand je travaille, de rentrer dans la sculpture, comme si je passais de l’autre côté du mur, au-delà de la réalité empirique, au point de rencontrer les interrogations qui jalonnent notre existence d’humains. Par exemple, dans «Métamorphose», cette sculpture bleue, constituée d'une colonne d'eau, on peut voir ce mélange de la vie et de la mort, ces deux mystères ou énigmes, dès lors que nous venons au monde. Et « L'Accueillance » dira tout le précieux de cet acte qui reconnait l'autre et l'accepte tel qu'il est, avec ses forces et ses défaillances.
    Mes sculptures, terres silencieuses, parlent de ce qui est pour moi décisif sur cette terre : vivre bien, ensemble, sans ignorer la puissance du négatif.
    Dans l'acte créateur il y a présence de toutes ces forces mêlées.


    Au début, bien sûr, j’erre, la matière résiste, de telle sorte que c’est parfois le chaos, puis la forme apparaît : les lignes sortent de terre. J’atteins l’essentiel. Il n’y a plus de résistance, tout se met en place, comme par enchantement. La pensée se transforme en sculpture et là… c’est l’étonnement heureux de voir surgir dans l’atelier une nouvelle sculpture travaillée autour du vide.

    L'acte créateur est l'expression d'un mouvement du fond de l'être : le désir de dépasser la réalité immédiate et d'accéder à une dimension plus vraie et intemporelle. Par mes sculptures, je voudrais parvenir à partager avec les autres, touchés par mon travail, mes interrogations portant sur nous, sur le sens que nous pouvons donner à notre existence, cette difficulté que nous avons tous à être. Notre aventure à tous, individuelle et collective.

    Marie Mathias


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